Ce village est confronté depuis des années à une invasion de moustiques : voici comment on compte s'attaquer au problème

Depuis des années, une invasion de moustiques ravage le village de Halmaal, près de Tirlemont. À l’aide de piquets anti-moustiques mis au point par la start-up Mosqisafe, basée à Hasselt, et en recourant à des prédateurs naturels, la ville entend endiguer le problème. « L’appât imite l’odeur corporelle humaine et attire les moustiques sur une superficie de 3 000 m² vers notre système. »

 

Les habitants de Halmaal se plaignent depuis des années d’une invasion massive de moustiques. La cause de ce fléau réside dans les zones inondables voisines, où l’eau stagne régulièrement lorsque l’été commence par un temps pluvieux. Bref, le lieu de reproduction idéal pour les moustiques. « Impossible de s’asseoir dans le jardin. Il y a eu des années où des centaines de moustiques se posaient sur les fenêtres. On aurait presque besoin d’une combinaison d’apiculteur pour aller nourrir ses poules », pouvait-on lire l’année dernière dans le journal. « Les habitants ne font vraiment pas de toute une histoire pour un simple moustique. Le problème est grave et existe depuis des années », déclare Gert Stas (Vooruit), échevin de l’Environnement et de la Nature.

 

Appâts naturels

Gilbert Buntinx et Wim Cosemans, les dirigeants de Mosqisafe, ont eux aussi lu le journal et se sont présentés devant la municipalité avec leurs pièges à moustiques. « Nos appareils – disponibles en différentes tailles – émettent de manière naturelle les signaux qui attirent les moustiques. Pensez à l’odeur corporelle, à la sueur et à d’autres arômes. Grâce à des lampes UV, des ventilateurs et uniquement des attractifs naturels, les moustiques sont attirés et piégés. Un système de ventilation les aspire, après quoi ils meurent de déshydratation. »

 

Moustique tigre

C’est Halmaal qui a eu l’honneur d’accueillir un projet pilote. Entre-temps, un pylône a également été installé à De Schorre, à Boom, afin de limiter la nuisance causée par les moustiques lors du festival Tomorrowland, et des discussions sont en cours avec l’hôpital Jessa à Hasselt. « Ces appareils ont déjà prouvé leur efficacité pour lutter contre les moustiques vecteurs de la fièvre catarrhale ovine chez les ruminants », expliquent Buntinx et Cosemans.

 

Combien coûtent les appareils importés de Chine ? « Le plus petit modèle de terrasse, qui fonctionne à piles ou à l’énergie solaire, coûte 130 euros. Nous proposons également des modèles intermédiaires, pour aboutir finalement à cet appareil qui coûte un peu plus de 1 900 euros. Nous sommes les seuls en Belgique à proposer de tels appareils », affirment-ils avec conviction.

 

Étude gratuite

« On nous a demandé de participer à une étude en installant ici l’un de leurs appareils », explique Gert Stas, échevin de Trui. « Nous avons ainsi fait d’une pierre deux coups : participer à une étude qui ne nous coûtait rien pour lutter contre les moustiques de manière écologique, tout en offrant aux habitants de Halmaal une solution à leur problème. »


Les résultats du test se sont avérés satisfaisants, avec un nombre de captures considérable. « Il était important de constater que le système n’entraînait pas de prises accessoires, telles que des libellules ou des abeilles. Cela s’est avéré ne pas être le cas », précise M. Stas.

 

Financement

Pourtant, l’adjoint au maire n’a pas l’intention de financer cet achat avec les fonds de la ville. « Ce n’est pas notre mission première, en tant que municipalité, de veiller à ce que plus personne ne soit incommodé par les moustiques. Nous avons toutefois pu vérifier, dans le cadre d’un projet pilote, si cela fonctionne efficacement. Nous constatons que cela fonctionne bien. Les riverains sont également enthousiastes et envisagent effectivement de mettre en place un dispositif anti-moustiques de manière permanente et de l’acheter en commun », déclare M. Stas.


Par ailleurs, l’administration municipale souhaite développer davantage la nature afin d’accueillir les ennemis naturels des moustiques, tels que les libellules et les grenouilles. « L’objectif est de le faire certainement l’année prochaine, et de préférence dès cette année. De Waterring, gestionnaire de la zone, est également enthousiaste à l’idée d’aborder la question de ces deux manières. »

 

Porteur d’espoir

Basile Moyaerts, un habitant du quartier, a pu tester un modèle de terrasse et se montre enthousiaste. « Jusqu’à présent, tout se passe bien. J’ai déjà dû vider le sac de moustiques à deux reprises. L’important, c’est surtout qu’il n’y ait pas d’abeilles dedans, mais bien une cinquantaine de moustiques. Nous avons déjà essayé les méthodes classiques, comme les bougies et le DEET. Jusqu’à présent, nous n’avons pas encore vu de moustiques, mais la véritable saison des moustiques ne fait que commencer. Les premiers résultats sont en tout cas encourageants. »